Sommeil et neuroatypies : pourquoi on ne peut plus accompagner sans regarder les nuits

« Je suis fatiguée… mais je n’arrive pas à dormir.

Et quand je dors, je me réveille déjà épuisé(e). »

C’est ce que j’ai entendu encore cette semaine, de la part d’une adolescente.

Et c’est aussi ce que j’entends chez des parents, des enseignants, des adultes en consultation.

Chez les profils neuroatypiques, le sommeil n’est pas un sujet secondaire.

C’est un indicateur central de la santé mentale.

Et pourtant, il reste encore trop souvent relégué au second plan.

Une récente étude relayée par Le Point rappelle à quel point les troubles du sommeil sont fréquents chez les personnes accompagnées en psychiatrie, et combien ils sont étroitement liés à la santé mentale.

Ces données ne font que confirmer ce que l’on observe sur le terrain, au quotidien.

Dormir mal n’est pas un manque de volonté

Chez les bébés, les enfants, les adolescents et les adultes neuroatypiques

TDAH, DYS, TSA, avec ou sans HPI,

dormir mal n’est ni une question de discipline, ni une question d’effort.

C’est le plus souvent un désalignement neurobiologique :

  • rythme circadien décalé
  • hyperactivité mentale persistante
  • hypersensibilités sensorielles
  • difficulté à ralentir les fonctions exécutives

Le corps est épuisé.

Mais le cerveau, lui, reste en alerte.

Ce que révèle un sommeil perturbé

Un sommeil de mauvaise qualité impacte directement :

  • l’attention
  • la mémoire de travail
  • la régulation émotionnelle
  • l’impulsivité
  • la capacité à apprendre et à s’organiser

Chez les profils TDAH notamment, on observe fréquemment :

  • des difficultés d’endormissement
  • des réveils nocturnes
  • une fatigue présente dès le réveil

Résultat : on attend des cerveaux fatigués qu’ils fassent plus,

alors qu’ils ont déjà du mal à tenir.

Ce que l’on rate quand on ne regarde pas le sommeil

Quand le sommeil n’est pas pris en compte :

  • les accompagnements plafonnent
  • les stratégies ne tiennent pas dans la durée
  • la remédiation cognitive est moins efficace
  • l’orientation devient fragile
  • la culpabilité augmente

On parle alors de motivation, de comportement, de performance.

Mais on passe à côté de l’essentiel.

-> Un cerveau épuisé ne peut pas se réguler durablement.

Ce que j’observe sur le terrain

Dans ma pratique, le sommeil est presque toujours en toile de fond.

Des enfants qui s’agitent en classe mais peinent à s’endormir.

Des adolescents épuisés, en décalage, en lutte permanente.

Des adultes compétents, mais vidés, qui compensent jusqu’à l’épuisement.

Le point commun n’est pas le manque de capacités.

C’est une dette de sommeil chronique, souvent banalisée.

Pourquoi le sommeil est central dans mon approche LudoCognitif®

Dans ma méthode LudoCognitif®, le sommeil n’est jamais un détail.

Avant de travailler :

  • l’attention
  • les fonctions exécutives
  • la remédiation cognitive
  • l’orientation positive

je m’intéresse toujours aux nuits.

Parce qu’on ne peut pas demander à un cerveau épuisé :

  • de se concentrer
  • de s’organiser
  • de s’adapter
  • de performer

sans d’abord l’aider à se réguler.

Dormir mieux ne résout pas tout.

Mais sans sommeil, rien ne tient.

Replacer le sommeil au cœur de l’accompagnement,

ce n’est pas ralentir le travail.

C’est le rendre possible.

Avant de demander aux enfants, aux adolescents ou aux adultes neuroatypiques de « faire plus »,

commençons par une question simple :

-> Comment dort cette personne, vraiment ?

Florence Pâris

Psychopraticienne – Psychopédagogue

Spécialiste des profils neuroatypiques

TDAH, DYS, TSA – avec ou sans HPI

Méthode LudoCognitif®

www.paris-florence.fr

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