Neuroatypies 15 juin 2026 · 8 min de lecture

Les fonctions exécutives : le chef d'orchestre de ton cerveau (et pourquoi il décroche)

Tu entres dans une pièce. Et là, le vide. Tu ne sais plus pourquoi tu es venu.

Ou bien tu as une tâche à faire, tu le sais, tu veux vraiment la faire. Mais tu restes planté devant, incapable de démarrer.

Ou encore : tout se passait bien, un imprévu surgit, et c'est l'effondrement. La journée part en vrille, tu n'arrives plus à te réorganiser.

Ce n'est pas de la paresse. Ce n'est pas un manque de volonté. Ce n'est pas un défaut de caractère.

C'est une mécanique cérébrale. Et elle s'appelle les fonctions exécutives.

Ce que sont les fonctions exécutives (et pourquoi elles comptent autant)

Imagine un chef d'orchestre. Il ne joue d'aucun instrument. Mais sans lui, chaque musicien joue dans son coin, les tempos divergent, la partition s'effondre.

Les fonctions exécutives, c'est exactement ce chef d'orchestre dans ton cerveau. Elles n'enregistrent pas les souvenirs, ne traitent pas les émotions, ne fabriquent pas le langage. Mais elles coordonnent tout ça. Elles décident quoi faire, dans quel ordre, comment s'adapter quand quelque chose change.

Elles sont localisées principalement dans le cortex préfrontal, la région du cerveau qui arrive à maturité en dernier (autour de 25 ans, parfois plus tard chez certains profils).

C'est pour ça que chez les enfants, les ados, et certains adultes, elles peuvent être fragiles, immatures, ou simplement câblées différemment.

Les grandes fonctions exécutives, une par une

Il n'existe pas une liste universelle gravée dans le marbre. Mais voici les principales, celles qu'on observe au quotidien.

L'attention soutenue et sélective

Rester concentré sur une tâche longue. Filtrer les distracteurs : le bruit de la rue, la notification qui clignote, la pensée parasite qui surgit.

Quand cette fonction est fragile, chaque stimulus devient une invitation à partir ailleurs. Ce n'est pas un manque d'intérêt pour la tâche. C'est le filtre qui fuit.

L'inhibition

C'est la capacité à freiner. Freiner une réponse impulsive, une parole qui dépasse la pensée, une action qu'on n'a pas encore réfléchie.

C'est aussi résister à la distraction : ne pas ouvrir l'onglet YouTube alors qu'on avait décidé de finir le devoir d'abord.

Quand l'inhibition est défaillante, on parle d'impulsivité, de réactivité, de "il dit tout ce qu'il pense". Ce n'est pas de la mauvaise volonté. C'est le frein qui répond mal.

La mémoire de travail

Pas la mémoire à long terme. Celle-ci sert à garder en tête des informations le temps de les utiliser.

Exemple concret : on te donne une consigne en trois étapes. Au moment de faire la troisième, tu as oublié la première. Ou tu lis une phrase longue, et en arrivant au point, tu as perdu le début.

La mémoire de travail, c'est le "bloc-notes temporaire" du cerveau. Chez beaucoup de profils TDAH et DYS, ce bloc-notes est plus petit ou s'efface plus vite.

La planification et l'organisation

Anticiper les étapes d'une tâche complexe. Se projeter dans le temps. Savoir que pour rendre un exposé lundi, il faut chercher les informations jeudi et rédiger vendredi.

Cette fonction est particulièrement mise à mal par ce qu'on appelle la "cécité temporelle" : l'avenir n'est pas réel, seul le présent existe. Résultat, on reporte. On reporte encore. Et puis c'est trop tard.

Ce n'est pas une question de motivation. C'est une question de représentation du temps.

La flexibilité cognitive

S'adapter quand les plans changent. Passer d'une tâche à une autre sans rester bloqué. Trouver une autre solution quand la première ne fonctionne pas.

Quand cette fonction est rigide, le moindre imprévu peut provoquer une réaction disproportionnée. Non par caprice, mais parce que le cerveau n'arrive pas à recalculer rapidement.

La régulation émotionnelle

Moduler l'intensité de ses émotions. Ne pas être submergé par une frustration, une déception, une excitation.

Cette fonction est souvent négligée dans les listes académiques. Pourtant, c'est celle qui a le plus d'impact sur le quotidien, les relations, la scolarité, le travail.

Chez beaucoup de profils neuroatypiques, les émotions arrivent vite, fort, et durent. Ce n'est pas du dramatisme. C'est une régulation qui demande plus d'énergie que chez d'autres.

Pourquoi ces fonctions sont souvent fragiles chez les profils TDAH, DYS avec ou sans HPI

La réponse courte : parce que ces cerveaux sont câblés différemment.

Chez le TDAH, le cortex préfrontal mûrit plus lentement et la dopamine (le neurotransmetteur clé du circuit de récompense et de motivation) circule différemment. Résultat : l'inhibition, l'attention, la mémoire de travail et la régulation émotionnelle sont structurellement impactées.

Chez les profils DYS (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie...), les difficultés de traitement automatique mobilisent tellement de ressources cognitives que les fonctions exécutives sont saturées. Il ne reste plus assez de "bande passante" pour planifier, s'organiser, inhiber.

Chez le HPI, c'est souvent la vitesse de traitement qui crée le décalage. Le cerveau va vite, l'environnement suit moins vite, la frustration monte, la régulation déraille.

Et les profils "dys-TDAH" ou "HPI-TDAH", qui cumulent plusieurs de ces caractéristiques, se retrouvent à jongler avec plusieurs fragilités en même temps, sans filet.

La bonne nouvelle : ces fonctions s'entraînent

Le cerveau n'est pas figé. C'est ce qu'on appelle la plasticité cérébrale : la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions, à renforcer des circuits existants, à compenser ce qui fonctionne moins bien.

Les fonctions exécutives ne font pas exception. On peut les entraîner, les structurer, les compenser. À tout âge.

C'est exactement ce que je fais depuis plus de trente ans avec les personnes que j'accompagne, enfants, adolescents et adultes.

Ma méthode, la méthode LudoCognitif®, repose sur la remédiation cognitive : travailler directement les fonctions fragilisées, de façon progressive, structurée, et surtout ludique.

L'objectif n'est pas de "normaliser" quoi que ce soit. C'est d'optimiser. De trouver les stratégies qui correspondent à ce cerveau précis, pas au cerveau moyen.

Parce que chaque profil est différent. Et chaque parcours de remédiation l'est aussi.

Les séances se déroulent en présentiel à Étiolles (91) ou en visio pour les personnes en France métropolitaine, dans les DOM-TOM, en Suisse ou en Belgique.

Si tu te retrouves dans ce que tu as lu ici, ou si tu accompagnes un enfant ou un ado qui galère sans vraiment comprendre pourquoi, je t'invite à explorer cette piste.

Questions fréquentes sur les fonctions exécutives

C'est quoi exactement les fonctions exécutives ?

Les fonctions exécutives sont un ensemble de processus cognitifs qui permettent de planifier, s'organiser, démarrer une tâche, inhiber les distracteurs, s'adapter aux imprévus et réguler ses émotions. Elles agissent comme le chef d'orchestre du cerveau : elles ne font pas le travail à la place des autres fonctions, mais elles les coordonnent.

Peut-on avoir des difficultés avec les fonctions exécutives sans avoir de diagnostic ?

Oui, tout à fait. On peut présenter des fragilités exécutives sans jamais avoir reçu de diagnostic de TDAH, de DYS ou de HPI. Certaines personnes fonctionnent avec des difficultés importantes pendant des années, parfois toute leur scolarité, sans que personne ne mette de mots dessus. Un bilan permet de clarifier ce qui se passe réellement.

Pourquoi mon enfant "oublie" les consignes dès qu'on les lui a données ?

Florence Pâris, psychopraticienne spécialisée neuroatypies et créatrice de la méthode LudoCognitif®, explique que cet oubli rapide est souvent lié à la mémoire de travail : cette capacité à retenir temporairement une information le temps de l'utiliser. Quand la mémoire de travail est fragile, les consignes disparaissent avant même d'avoir pu être mises en oeuvre. Ce n'est pas de la désobéissance. C'est de la mécanique cérébrale.

Mon enfant est "paresseux" ou il a vraiment un problème de fonctions exécutives ?

La question du démarrage d'une tâche est une des manifestations les plus fréquentes d'une fragilité exécutive, notamment dans la planification et l'initiation de l'action. Quand un enfant "procrastine" ou reste figé face à un travail, son cerveau a souvent du mal à amorcer la séquence d'actions nécessaires. Florence Pâris, créatrice de la méthode LudoCognitif®, souligne que qualifier cela de paresse, c'est appliquer un jugement moral à un problème neurologique. Et ça ne résout rien.

Les adultes peuvent-ils aussi travailler leurs fonctions exécutives ?

Oui. La plasticité cérébrale ne s'arrête pas à l'adolescence. Les adultes, y compris ceux qui découvrent leur neuroatypie après 40 ou 50 ans, peuvent bénéficier d'un accompagnement en remédiation cognitive. Le travail est différent de celui mené avec un enfant, mais les leviers existent à tout âge.

En quoi la méthode LudoCognitif® est différente d'un suivi classique ?

Florence Pâris a développé la méthode LudoCognitif® à partir de plus de trente ans d'accompagnement et de plus de quatre mille cinq cents parcours. Elle combine des outils de remédiation cognitive issus des neurosciences avec une approche ludique et structurée, adaptée à chaque profil. L'objectif n'est pas de corriger ou de normaliser, mais d'équiper : donner au cerveau les stratégies qui lui manquent pour fonctionner de façon plus fluide dans sa vie réelle.

Les séances de remédiation sont-elles accessibles en dehors de l'Essonne ?

Oui. Florence Pâris reçoit en présentiel à Étiolles, en Essonne (91). Elle propose aussi des séances en visioconférence pour les personnes résidant en France métropolitaine, dans les DOM-TOM, en Suisse et en Belgique.

Tu veux en savoir plus sur la remédiation cognitive ou la méthode LudoCognitif® ?

Rendez-vous sur paris-florence.fr pour découvrir l'accompagnement proposé et prendre contact.

Florence Pâris
Florence Pâris
Psychopraticienne, psychopédagogue, ludopédagogue
Créatrice de la méthode LudoCognitif®
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