ÉCOLE 5 novembre 2026 · 4 min de lecture

TDAH et HPI à l’école : comprendre les élèves pour mieux les accompagner

« Il pourrait… s’il faisait un effort. »
« Ses parents sont persuadés d’avoir un petit génie… »

Ces phrases, je les ai souvent entendues à l’école.

Derrière, il y a parfois une équipe qui s’interroge, des parents inquiets et un élève dont le fonctionnement reste difficile à comprendre. Il réussit certaines tâches avec une facilité déconcertante, puis bloque sur ce qui semble pourtant simple.

Cette semaine, je commence 3 sessions de deux jours de formation sur les profils neuroatypiques à l’école, auprès d’équipes pédagogiques intervenant de la maternelle au collège. Première étape : le TDAH, le HPI et leur association.

Le fil conducteur de ces journées tient en une question : de quoi cet élève a-t-il besoin pour apprendre et montrer ce qu’il sait ?

TDAH à l’école : regarder au-delà du comportement

Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou TDAH, est un trouble du neurodéveloppement. Il peut associer des difficultés attentionnelles, de l’impulsivité et une hyperactivité, avec des répercussions variables selon l’enfant et les situations.

En classe, on remarque parfois celui qui se lève, intervient sans attendre ou manipule tout ce qui passe à portée de main. Mais un élève plus discret, qui perd le fil et oublie une partie des consignes, peut également rencontrer des difficultés importantes.

Pour comprendre ce qui gêne les apprentissages, il faut regarder précisément la tâche demandée.

L’élève sait-il par quoi commencer ? Arrive-t-il à garder la consigne en tête pendant qu’il travaille ? Peut-il reprendre son activité après une interruption ?

« Concentre-toi » exprime une attente. Cela ne lui indique pas forcément comment y parvenir.

HPI à l’école : de bonnes capacités ne rendent pas tout facile

Le haut potentiel intellectuel, ou HPI, n’est ni une maladie ni un trouble du neurodéveloppement. Il ne correspond pas non plus à une personnalité unique.

Beaucoup d’élèves à haut potentiel suivent une scolarité sans difficulté particulière. D’autres ont besoin d’ajustements pédagogiques pour progresser et s’engager dans les apprentissages.

Un élève peut comprendre rapidement une notion tout en ayant besoin d’apprendre à expliquer son raisonnement. Il peut disposer d’un vocabulaire riche et manquer de méthode pour construire une réponse écrite.

Il faut aussi éviter de tout attribuer au HPI : l’ennui, l’anxiété, l’agitation ou les difficultés relationnelles ne permettent pas, à eux seuls, de l’identifier.

L’enjeu est d’observer les compétences et les besoins de l’élève, sans attendre de lui qu’il soit excellent partout.

HPI et TDAH : quand les deux sont associés

Un enfant peut présenter à la fois un HPI et un TDAH.

Ses capacités de raisonnement ne font pas disparaître ses difficultés attentionnelles ou organisationnelles. Et ses difficultés ne résument pas ses capacités.

Imaginons un collégien qui participe avec pertinence à l’oral, mais rend une copie incomplète. Plusieurs explications sont possibles : il a perdu du temps à démarrer, oublié une partie de la consigne ou peiné à organiser ses idées.

La copie seule ne permet pas de savoir ce qui s’est passé.

Avant de conclure à un manque de travail, on peut chercher à comprendre l’écart entre ce que l’élève sait et ce qu’il réussit à produire. Le dialogue avec lui, sa famille et les professionnels qui l’accompagnent aide à préciser les besoins.

Besoins éducatifs particuliers : partir de situations concrètes

En formation, je propose de passer des jugements généraux aux observations précises.

« Il ne fait rien » devient :

« Il reste devant sa feuille plusieurs minutes et commence lorsque je l’aide à identifier la première étape. »

« Elle n’écoute jamais » devient :

« Elle réalise la première partie de la consigne, puis me demande ce qu’il faut faire ensuite. »

Ces observations ouvrent des pistes d’action.

Dans le premier cas, on peut tester une aide au démarrage. Dans le second, un support écrit ou visuel qui permet de retrouver les étapes.

L’objectif est de choisir une adaptation, de l’essayer et d’observer son effet. Une aide utile pour un élève peut être inutile, voire gênante, pour un autre.

Quelles adaptations pédagogiques pour les élèves TDAH et HPI ?

Les adaptations pédagogiques gagnent à répondre à un obstacle identifié. Voici quelques pistes à tester selon l’âge, les besoins et les objectifs d’apprentissage.

Rendre les consignes plus accessibles

Donner une consigne courte, expliciter les étapes et demander à l’élève de reformuler peut aider à vérifier ce qu’il a compris.

Lorsqu’une activité comporte plusieurs actions, une petite liste visible permet de retrouver le fil sans solliciter constamment l’adulte.

Accompagner le démarrage et l’organisation

Montrer la première action attendue peut débloquer l’entrée dans le travail : ouvrir le document, repérer la question, écrire quelques mots-clés.

Pour une tâche longue, des étapes intermédiaires rendent l’avancement plus concret. Un repère de temps peut également être essayé, à condition qu’il aide l’élève sans augmenter sa pression.

Ajuster la quantité et le niveau de difficulté

Lorsque la compétence est acquise, multiplier les exercices identiques n’est pas toujours pertinent. On peut envisager une tâche d’approfondissement, un problème plus complexe ou une autre manière de mobiliser la notion.

À l’inverse, comprendre rapidement ne dispense pas d’apprendre à vérifier, expliquer et structurer son travail.

Clarifier ce qui est évalué

Si l’objectif est de vérifier des connaissances, il est utile de se demander quelle place prennent la copie, la présentation ou la vitesse d’écriture dans le résultat.

Selon la situation, une réponse orale complémentaire ou un support mieux organisé peut aider à distinguer la connaissance de la difficulté à la restituer.

Donner des retours précis

« Tu as commencé seul après avoir relu les étapes » apporte un repère plus utile qu’un simple « Quand tu veux, tu peux ».

L’élève peut ainsi identifier ce qui l’a aidé et apprendre progressivement à réutiliser cette stratégie.

De la maternelle au collège : ajuster les aides à l’âge

En maternelle, on peut notamment travailler la clarté des routines, les transitions et la compréhension des consignes. L’observation doit tenir compte du développement de l’enfant : une agitation ou une difficulté à attendre ne suffit pas à conclure à un TDAH.

En élémentaire, l’attention peut porter sur l’entrée dans la tâche, le matériel, les étapes de travail et l’apprentissage des premières stratégies d’organisation.

Au collège, la multiplication des enseignants, des salles et des échéances peut nécessiter des repères partagés entre adultes. L’autonomie se construit avec des outils, des essais et un accompagnement progressivement ajusté.

Dans tous les cas, les observations scolaires contribuent au dialogue. Elles ne remplacent pas une évaluation professionnelle lorsqu’elle est nécessaire.

Former les équipes pédagogiques pour construire des réponses partagées

Mon parcours d’enseignante spécialisée, en RASED, puis comme référente MDPH et référente académique HPI m’a appris combien les échanges entre l’école, la famille et les professionnels peuvent faire évoluer une situation.

Aujourd’hui, comme psychopédagogue, psychopraticienne et formatrice, je poursuis ce travail auprès des équipes.

Une formation sur le TDAH et le HPI à l’école permet de mieux comprendre ces profils, d’interroger les idées reçues et de réfléchir ensemble à des situations concrètes.

Les enseignants ont besoin de repères fiables, mais aussi de pistes compatibles avec la réalité d’une classe. C’est pourquoi mes formations articulent apports théoriques, observations et recherche d’adaptations pédagogiques.

Quelques idées reçues peuvent y passer un moment inconfortable. Elles s’en remettent généralement très bien.

L’essentiel reste ce que l’équipe pourra essayer ensuite, auprès de ses élèves.

Vous souhaitez organiser une formation sur le TDAH, le HPI et les besoins éducatifs particuliers dans votre école ou votre collège ? Contactez-moi sur paris-florence.fr pour échanger sur les besoins de votre équipe.

Florence Pâris
Florence Pâris
Psychopédagogue • Psychopraticienne • Formatrice
Enseignante spécialisée de formation, ancienne référente MDPH et référente académique HPI
Créatrice de LudoCognitif®

Ressources pour approfondir

  • Haute Autorité de santé : « Trouble du neurodéveloppement/TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents », recommandations de 2024.
  • Éduscol : « Ressources pour la personnalisation des parcours des élèves à haut potentiel ».

Les repères sur le TDAH et les aides pédagogiques s’appuient sur la HAS ; ceux sur la diversité des profils HPI et l’association possible avec un TDAH sur Éduscol.

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