NEUROATYPIES 19 octobre 2026 · 5 min de lecture

Neurodivergent, neuroatypique, neurotypique : ça veut dire quoi ?

Neurodiversité.

Neurodivergent.

Neuroatypique.

Neurotypique.

Neuroatypie.

Ces mots circulent partout : dans les articles, sur les réseaux sociaux, dans les cabinets et parfois dans la même phrase… avec des sens différents.

Résultat : beaucoup de personnes n’osent plus les employer de peur de se tromper.

Ou les utilisent sans savoir exactement ce qu’ils recouvrent.

Et il faut ajouter une difficulté : tous ces termes n’appartiennent pas au vocabulaire médical et leurs définitions ne sont pas toujours parfaitement stabilisées.

Alors, remettons un peu d’ordre là-dedans.

Neurodiversité

C’est le mot le plus large.

La neurodiversité désigne la diversité des fonctionnements neurologiques et cognitifs au sein de la population humaine.

Autrement dit : les cerveaux humains ne fonctionnent pas tous exactement de la même manière.

Le terme ne désigne donc pas une personne, encore moins un diagnostic.

On ne « diagnostique » pas une neurodiversité.

Et une personne n’est pas, à elle seule, « une neurodiversité ».

La neurodiversité concerne la diversité d’un ensemble de personnes, comme la biodiversité désigne la diversité du vivant.

Si tu veux entrer davantage dans le détail de cette notion, j’y consacre un autre article sur le blog : Neurodiversité : comprendre pourquoi ton cerveau fonctionne autrement.

Neurotypique

Le terme neurotypique est généralement utilisé pour parler d’une personne dont le fonctionnement neurologique et cognitif correspond davantage aux normes considérées comme majoritaires.

Attention cependant à un contresens fréquent.

Neurotypique ne signifie pas :

« normal ».

Ni « supérieur ».

Ni « sans difficulté ».

Et neurotypique n’est pas davantage un diagnostic médical.

Le terme permet surtout de mettre en évidence une réalité : beaucoup de nos environnements — école, travail, organisation sociale — ont été pensés autour de certains modes de fonctionnement considérés comme habituels.

Lorsque ton fonctionnement correspond à ce que l’environnement attend spontanément, tu as généralement moins besoin de demander que celui-ci s’adapte.

Neurodivergent et neuroatypique : est-ce la même chose ?

Pas tout à fait.

Et c’est probablement ici que les choses se compliquent.

Neurodivergent est un terme issu du mouvement de la neurodiversité dans le monde anglophone.

Il désigne généralement une personne dont le fonctionnement neurologique ou cognitif diverge des normes dominantes.

Le terme porte également une histoire sociale et militante importante : il permet de penser les différences neurologiques autrement qu’uniquement sous l’angle du déficit.

Neuroatypique, de son côté, est très utilisé en français pour désigner des fonctionnements considérés comme différents de ceux de la majorité.

Mais ce n’est pas une catégorie diagnostique officielle.

Il n’existe pas une liste médicale universelle qui dirait :

« Voici toutes les personnes neuroatypiques. »

Les usages varient donc selon les professionnels, les associations, les auteurs et les personnes concernées.

Dans la vie courante, neurodivergent et neuroatypique sont parfois employés pour parler de réalités proches, mais ils ne sont pas parfaitement interchangeables et leur histoire n’est pas la même.

Pour ma part, j’utilise davantage les termes neuroatypique et neuroatypie dans ma pratique.

Mais lorsque la précision clinique est nécessaire, je préfère surtout nommer le fonctionnement ou le trouble dont nous parlons réellement.

TDAH.

TSA.

Trouble DYS.

HPI.

Parce qu’une grande catégorie ne doit jamais effacer les différences considérables entre ces fonctionnements.

Et alors, qu’est-ce qu’une « neuroatypie » ?

Là encore, prudence.

Neuroatypie n’est pas un diagnostic médical.

C’est un terme générique utilisé pour parler de fonctionnements neurologiques ou cognitifs qui s’écartent de ce qui est considéré comme typique.

Mais tout ce que l’on range parfois sur Internet sous l’étiquette « neuroatypie » n’a pas le même statut scientifique ou médical.

Et cette distinction est essentielle.

Le TDAH, le TSA et les troubles spécifiques des apprentissages, notamment, appartiennent aux troubles du neurodéveloppement et répondent à des critères diagnostiques précis.

Le haut potentiel intellectuel, lui, n’est pas un trouble du neurodéveloppement.

Ce n’est pas une maladie.

Ce n’est pas non plus un diagnostic psychiatrique.

Il décrit un niveau de fonctionnement intellectuel particulier évalué à l’aide d’outils psychométriques adaptés.

Certaines personnes choisissent de l’inclure dans leur utilisation du mot « neuroatypie », d’autres non.

Et l’hypersensibilité, à elle seule, n’est pas davantage un trouble du neurodéveloppement ni un diagnostic médical.

Voilà pourquoi je préfère éviter les grandes listes du type :

« Les neuroatypies sont TDAH + TSA + DYS + HPI + hypersensibilité. »

C’est pratique.

Mais scientifiquement, cela mélange des réalités qui n’ont pas le même statut.

Trouble, fonctionnement, handicap : ce n’est pas la même chose

C’est probablement la distinction la plus importante de cet article.

Un trouble du neurodéveloppement répond à des critères diagnostiques définis.

Un fonctionnement cognitif particulier, comme le HPI, ne constitue pas pour autant un trouble.

Et le handicap est encore autre chose.

Une personne présentant un même trouble peut être beaucoup plus en difficulté dans certains environnements que dans d’autres.

Prenons un adulte avec TDAH.

Dans un environnement extrêmement bruyant, avec des interruptions permanentes, des consignes changeantes et aucune possibilité de s’isoler, certaines difficultés peuvent devenir très handicapantes.

Dans un environnement mieux adapté, certaines d’entre elles peuvent avoir beaucoup moins de retentissement.

Le fonctionnement de la personne n’a pourtant pas changé du jour au lendemain.

L’environnement, lui, a changé.

C’est l’une des idées importantes portées par l’approche de la neurodiversité : ne pas regarder uniquement ce qui se passe « dans » la personne, mais aussi la rencontre entre son fonctionnement et l’environnement dans lequel on lui demande d’évoluer.

Les erreurs que je rencontre le plus souvent

« Cette personne est neurodiverse. »

Si l’on veut être précis, neurodiversité désigne la diversité d’un groupe ou d’une population. Pour un individu, on emploiera plutôt neurodivergent ou, selon le contexte, neuroatypique.

« Neuroatypique veut dire autiste. »

Non.

Le TSA peut être inclus dans ce que l’on désigne par neurodivergence ou neuroatypie, mais ces termes ne sont pas des synonymes d’autisme.

« HPI = neuroatypique. »

Pas automatiquement.

Cela dépend de la définition du mot neuroatypique que l’on choisit d’utiliser. Le HPI n’est en tout cas pas un trouble du neurodéveloppement.

« Hypersensible = neuroatypique. »

Là encore, non.

Une sensibilité importante peut exister chez des personnes aux profils très différents et ne constitue pas, à elle seule, un diagnostic permettant de conclure à une neuroatypie.

Et enfin :

« Neurotypique d’un côté, neuroatypique de l’autre. »

La réalité est beaucoup plus complexe.

Ces mots sont utiles pour penser certaines différences, mais ils ne permettent pas de répartir toute l’humanité dans deux boîtes parfaitement homogènes.

Deux personnes avec le même diagnostic peuvent d’ailleurs avoir des fonctionnements extrêmement différents.

Pourquoi les mots comptent

On pourrait considérer que tout cela n’est qu’une bataille de vocabulaire.

Je ne le crois pas.

Pendant longtemps, de nombreuses particularités ont surtout été décrites à travers leurs déficits, leurs difficultés ou leurs symptômes.

Le mouvement de la neurodiversité a contribué à déplacer le regard : reconnaître les difficultés lorsqu’elles existent, bien sûr, mais ne pas réduire une personne à celles-ci.

Et après près de trente ans auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes aux fonctionnements très différents, c’est probablement l’une des choses auxquelles je tiens le plus.

Comprendre un fonctionnement ne signifie ni le nier, ni l’idéaliser.

Un TDAH peut entraîner des difficultés considérables.

Un TSA aussi.

Un trouble DYS aussi.

Mais une personne ne se résume jamais à la liste de ce qui lui est difficile.

Changer les mots ne résout pas tout.

Changer le regard qu’ils permettent de porter peut déjà modifier beaucoup de choses.

Et si tu ne sais pas dans quelle « case » tu te trouves ?

C’est le cas de nombreuses personnes qui me contactent.

Elles ont parfois passé des années avec cette impression :

« Je fonctionne différemment, mais je ne comprends pas pourquoi. »

Et mon travail ne consiste justement pas à choisir rapidement une étiquette.

Il consiste d’abord à chercher à comprendre le fonctionnement.

Le Bilan d’Exploration des NeuroAtypies permet d’explorer différents aspects du fonctionnement cognitif, les ressources et certaines fragilités.

Il ne remplace pas un diagnostic médical.

Lorsqu’une hypothèse de TDAH, TSA, trouble DYS ou autre trouble nécessitant une démarche diagnostique apparaît pertinente, l’objectif est aussi d’orienter vers le professionnel de santé compétent.

Parce qu’avant de se demander :

« Dans quelle case est-ce que j’entre ? »

il existe souvent une question beaucoup plus utile :

« Comment est-ce que je fonctionne, moi ? »

Les bilans et accompagnements sont proposés en présentiel à Étiolles, dans l’Essonne, ou en visioconférence en France, dans les DOM-TOM, en Belgique et en Suisse.

Ce qu’il faut retenir

Neurodiversité : la diversité des fonctionnements neurologiques et cognitifs humains.

Neurodivergent : un terme utilisé pour parler d’une personne dont le fonctionnement diverge des normes neurologiques ou cognitives dominantes.

Neuroatypique : un terme largement utilisé en français, mais sans définition diagnostique officielle et dont le périmètre varie selon les usages.

Neurotypique : un terme non diagnostique désignant généralement un fonctionnement considéré comme correspondant davantage aux normes majoritaires.

Et surtout :

aucun de ces mots ne raconte, à lui seul, le fonctionnement d’une personne.

Les mots permettent de commencer la conversation.

Comprendre ce qui se passe derrière reste beaucoup plus intéressant.

Les accompagnements se font au cabinet d’Étiolles, dans l’Essonne (91), à 30 minutes du sud de Paris et accessible depuis toute la région parisienne (Évry-Courcouronnes, Corbeil-Essonnes, Melun, Créteil, Val-de-Marne, Seine-et-Marne, Yvelines), ou en visioconférence partout en France et dans la francophonie. Si tu cherches quel professionnel consulter en région parisienne ou à distance pour un profil neuroatypique (TDAH, HPI, DYS, TSA, hypersensibilité), tu peux prendre contact ici.

Florence Pâris
Florence Pâris
Psychopraticienne, psychopédagogue, ludopédagogue
Créatrice de la méthode LudoCognitif®
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Florence Pâris
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Psychopraticienne, psychopédagogue, ludopédagogue
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